Les pires cadeaux jamais offerts à une table de Thanksgiving
Un cadeau offert à table a une qualité particulière : il s’ouvre devant tout le monde, assis, sans porte de sortie.
Les suivants ont tous été offerts. Ils sont répertoriés ici par souci de salubrité publique.
Les onze
Un livre de régime. Tendu pendant un repas. Celui qui l’offre expliquera que c’est « pour janvier », ce qui n’arrange rien, et le destinataire dira merci, ce qui arrange encore moins.
Une bougie parfumée « Automne doré ». Ce n’est pas un mauvais cadeau. C’est un mauvais cadeau onze fois, ce qui arrive quand un tirage n’a ni budget ni consigne et que la même boutique est sur le chemin de tout le monde.
Un cadre photo contenant encore la photo d’illustration. Une famille de quatre personnes, aucune apparentée à qui que ce soit dans la pièce, souriant sur une plage. Offert dans le cadre, encore sous film. Personne ne dit rien.
N’importe quoi imprimé au visage du destinataire. Un mug, un coussin, un calendrier de douze photos identiques. Il y a dans chaque famille une personne qui trouve ça drôle, et c’est toujours celle qui offre.
Un abonnement à la salle de sport. Voir le livre de régime, mais avec un prélèvement mensuel et une conversation sur la résiliation en février.
Un robot de cuisine, offert à celui qui a cuisiné. Tendu dans la cuisine où il vient de passer neuf heures. Le sous-entendu n’est pas voulu et il arrive quand même.
Un livre que celui qui l’offre vient de finir et veut manifestement récupérer. Reconnaissable au ticket de caisse encore dedans et à la consigne de « me dire ce que tu en penses ».
Un test ADN généalogique, à un repas de famille. Offert comme une curiosité. Parfois pas une curiosité. Il existe une version de cette soirée qui finit autrement, et tout le monde à table le sent.
Un sticker mural avec un mot dessus. FAMILLE. GRATITUDE. Ce n’est pas une blague, c’est juste une affiche qui ne partira pas.
Quelque chose visiblement re-offert. Reconnaissable à la carte de quelqu’un d’autre restée dans le sac, ou au papier cadeau d’une fête qui n’a pas encore eu lieu.
Un bon d’achat pour une boutique qui a fermé. Acheté de bonne foi, il y a quatre ans, retrouvé dans un tiroir le matin même. Il a une date de validité et elle est passée sous le gouvernement précédent.
Le point commun
Neuf des onze ont la même forme : le cadeau parle de celui qui l’offre. Son régime, son livre, son sens de l’humour, son passage à la boutique en venant.
La seule chose qu’un cadeau doit supporter à une table de famille, c’est d’être ouvert devant toute la famille. Cela exclut ce qui sous-entend un reproche, ce qui exige une explication, et ce que celui qui l’offre préférerait garder.
La solution, qui est ennuyeuse
Un tirage avec un budget et une consigne élimine à lui seul neuf de ces onze. Pas parce qu’il rend les gens plus attentifs, mais parce qu’il leur donne une personne à qui penser au lieu de neuf, et un montant à viser.
Les deux qui restent — le test ADN et le coussin à l’effigie — relèvent de la conscience individuelle.
Si votre famille préfère assumer complètement, cela s’appelle un concours du pire cadeau et cela a ses propres règles. Le faire par accident à un repas de famille est la version que personne n’apprécie. Pour le reste du genre, les pires cadeaux de Noël sont un champ distinct et tout aussi riche.