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Les pires cadeaux de Secret Santa, classés par vitesse de silence dans la pièce

Quelque part, une personne s’apprête à déballer votre paquet devant onze autres. Elle aura environ une seconde pour composer son visage.

Cet article est un service public rendu à ce visage. Tout ce qui suit a réellement été offert par de vraies gens, et tout ce qui suit est une erreur. Ne prenez pas de notes.

Niveau un : les classiques du je-m’en-foutisme

1. Le mug avec une blague dessus. La blague était drôle en 2011. Le mug, lui, nous survivra à tous, parce que personne ne sait jeter un mug : il restera trente ans au fond d’un placard, petit monument en céramique aux quatre minutes que vous avez consacrées à le choisir.

2. La bougie parfumée qu’on vous avait offerte l’an dernier. Le recyclage de cadeau est un art noble. Le recyclage avec l’ancienne étiquette à moitié grattée est un aveu.

3. Le coffret de bain de la station-service. Il a la forme d’un canard, il sent le lave-glace, et toute la pièce peut en donner le prix au centime près parce que tout le monde est passé devant la même boutique.

4. La carte cadeau avec 7,34 € dessus. Pas un chiffre rond. Un reliquat. Vous avez offert vos restes en les appelant cadeau.

Niveau deux : celles qui sont secrètement un message

5. L’abonnement à la salle de sport. Rien ne dit « j’ai pensé à toi » comme « j’ai pensé à ton corps ».

6. Le livre pour devenir une meilleure personne. Reçu comme un diagnostic, à chaque fois, quelle que soit la douceur de la couverture.

7. L’étiqueteuse, le range-tiroir, le kit « désencombrez votre vie ». Vous n’avez pas offert un cadeau. Vous avez déposé une réclamation sur son bureau.

Niveau trois : celles qui sont secrètement du travail

8. La plante à arroser deux fois par jour. Vous avez confié une personne à charge. Elle mourra en février et l’autre culpabilisera, ce qui n’était pas, on l’espère, le plan.

9. Le bon pour une « expérience ». Valable le mardi uniquement, à quatre-vingt-dix minutes de route, périmé dans six semaines, nécessite un accompagnant qui possède aussi un bon. Ce n’est pas un cadeau, c’est un problème de logistique dans une enveloppe.

10. L’objet qui réclame des piles non fournies. Un parent va donc sortir le 26 décembre. Beau travail.

11. L’animal parrainé en son nom. La personne reçoit un certificat, la photo d’une panthère des neiges qu’elle ne rencontrera jamais, et l’information que vous avez donné de l’argent à quelqu’un d’autre.

Le boss final

12. La photo de vous, encadrée. Imbattable. Aucune récupération possible, aucune réponse polie disponible, aucune étagère du logement où la poser. C’est techniquement une attention, et c’est précisément ce qui la rend dévastatrice.

Bon, les trente secondes utiles

Si l’envie de bien faire l’emporte : ces douze idées échouent toutes parce qu’elles parlent de celui qui offre. Le mug parlait de votre après-midi, l’abonnement de votre avis, le bon de votre budget.

Un cadeau qui touche parle de la personne qui l’ouvre, et ça n’arrive que si on sait assez tôt qui on a tiré pour remarquer quelque chose chez elle. Autrement dit : tirer les noms quinze jours avant, pas la veille.

Et pour offrir quelque chose de sincèrement atroce, il existe un format prévu pour : le concours du pire cadeau, où toute la salle cherche à perdre et où tout le monde le sait. C’est une tout autre soirée — et nettement meilleure que de regarder quelqu’un tenir une photo de vous.